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ROTARY CLUB
MONT-BLANC - VALLÉE L'ARVE

Mots sur la Journée Internationale de la Conscience · Conférence de District 1780

ROTARY CLUB MONT-BLANC - VALLÉE L'ARVE

25/04/2026

Ce texte est la retranscription du discours prononcé par Romain CHAMBELLON, jeune rotarien du Rotary Club Mont-Blanc Vallée de l'Arve, lors de la Conférence de District 1780, le 25 avril 2026, suite à sa participation à la Journée Internationale de la Conscience au Palais des Nations à Genève.

LA PAIX EST DANS NOS MAINS


ACCROCHE

Au Palais des Nations à Genève, il y a eu un moment que je n'oublierai pas.

On a diffusé le son des drones qui survolent Gaza. Ce bourdonnement obsédant, constant, qui jamais ne s'arrête — jour et nuit au-dessus des Gazaouis.

Les Singing Birds de Gaza — des enfants qui chantent avec leur professeur de musique — ont pris ce son. Et en ont fait un acte d'espoir.

Des enfants qui n'ont pas choisi la guerre, mais qui ont choisi le chant pour se faire entendre.

La Journée Internationale de la Conscience nous invite à ce choix — choisir, activement, de ne pas laisser gagner ce qui détruit. Ces enfants l'ont fait avec leur voix. Pour notre part, que faisons-nous de ce que nous avons ?

Elle se tient chaque année dans la capitale mondiale de la paix. Et le District 1780 en est partenaire — c'est pourquoi j'y étais.

LE MONDE TEL QU'IL EST

J'ai passé cette journée avec des anciens directeurs du Programme des Nations Unies pour le Développement, des rapporteurs spéciaux de l'ONU, des lauréats du Prix Nobel de la paix, des hommes et des femmes qui ont survécu à des camps de travail, à la guerre, à l'exil. Des anciens enfants soldats, comme Emmanuel Jal, qui a survécu à la guerre au Soudan.

Et ce qu'ils ont dit au monde, tous, différemment, c'est ceci :

La paix n'est pas un état, ce n'est pas l'absence de guerre. C'est un choix, actif, quotidien, qui commence dans les relations humaines — pas dans les traités.

Pascale Fressoz, co-organisatrice de la journée, l'a dit simplement : la paix ne se décrète pas, elle se construit.

Et pendant que nous sommes ici, elle se déconstruit ailleurs. Il y a aujourd'hui plus de conflits armés dans le monde qu'il n'y en a jamais eu depuis la Seconde Guerre mondiale.

Le Dr Raouf Salti, fondateur d'une organisation pour les droits des enfants, lisait l'appel des mères pour la paix — des mères éprouvées dans leur chair, qui ont vu leurs enfants tuer ou être tués, israéliennes et palestiniennes ensemble. À un moment, il s'est arrêté. Il n'a plus pu retenir ses larmes.

Il a continué, sous l'ovation de la salle entière. (voir photo ci-dessous)

Et moi, face à tout ça, je n'avais qu'une question : quelle est ma responsabilité ?

L'OISEAU

Une intervenante a raconté cette histoire.

Un enfant veut piéger une vieille femme. Il tient un oiseau dans sa main, caché derrière son dos. Il lui demande : « Est-il vivant ou est-il mort ? »

Son plan : si elle dit vivant, il l'écrase. Si elle dit mort, il le libère. Elle ne peut pas gagner.

La femme le regarde. Et elle lui répond :

« La réponse est dans ta main. »

C'est la phrase que j'emporte de cette journée. Pas un rapport. Pas des statistiques. Cette phrase.

Parce qu'elle s'adresse à chacun d'entre nous. La paix — ce qu'on en fait, ce qu'on en laisse mourir — c'est dans nos mains.

CE QUE J'AI VU CETTE ANNÉE

Durant cette journée, les jeunes n'étaient pas là comme décor. Des lycéens d'Auvergne-Rhône-Alpes prenaient la parole sur les Objectifs de Développement Durable. Des étudiants — en droit, en sciences, en relations internationales — débattaient de leadership, d'IA éthique, de leur responsabilité dans la construction de la paix. Pas comme observateurs, comme acteurs.

Des représentants de l'ONU étaient dans cette salle. Et eux aussi parlaient de la jeunesse comme d'un acteur — pas d'un public.

La semaine dernière au RYLA, dont le thème était : « Éthique, leadership, construction de la paix positive et durable », j'étais avec des jeunes à qui on donne les clés pour devenir leaders — pour transformer leurs idées en actions concrètes.

Et ce jeudi soir au Gala des Jeunes Ambassadeurs, j'ai vu des jeunes qui font déjà concrètement ce dont on parle ce soir : ils construisent des ponts entre leur pays et la France, entre leur pays et notre région.

Ils ont les idées, l'énergie et la conviction que cela en vaut la peine.

Est-ce que le Rotary peut encore prétendre construire la paix de demain, sans les gens qui vivront ce demain ?

LE PROBLÈME QU'ON NE DIT PAS

Voilà ce que je veux vous dire franchement.

Ces jeunes ne manquent pas de vision. Ils ne manquent pas d'envie. Ils ne manquent pas de courage.

Ce qu'ils n'ont pas toujours — c'est quelqu'un qui leur fait confiance. Quelqu'un qui connaît les rouages, qui sait comment transformer une belle idée en projet qui tient debout. Quelqu'un qui dit : je te soutiens, on construit ensemble.

Nous avons ce quelqu'un : c'est vous, c'est nous, c'est le Rotary.

L'APPEL

Alors voici ce que je vous demande concrètement.

Allez vers les jeunes. Pas seulement pour leur apprendre ce qu'est le Rotary — mais pour que leur regard renouvelle le vôtre de ce que doit être le Rotary.

Et ce cadre existe déjà pour les accueillir : le statut de membre associé. Il permet à des jeunes d'intégrer nos clubs, de participer, de s'engager, avant même d'être membres à part entière. C'est une porte, elle est là, il suffit de l'ouvrir.

Sponsorisez-les. Accompagnez-les. Faites confiance à leur vision instinctive du monde.

Parce que la recette, je l'ai entrevue cette année : des idées nouvelles, portées par des gens qui veulent changer les choses — avec le soutien de ceux qui savent comment faire. Toutes les voix, toutes les générations, autour d'une même responsabilité : réinventer la paix. Unis pour faire le bien.


CONCLUSION

Ces jeunes ont la vision.

Nous avons les moyens.

La réponse est dans nos mains. À condition qu'on les tende vers ces jeunes qui les attendent.


Romain CHAMBELLON, jeune rotarien