Sommet européen d'action du Rotary

Du 8 au 13 septembre 2026, Rotterdam est devenue le point de rendez-vous européen des Rotariens, des Rotaractiens, de leurs partenaires et de tous ceux qui croient que l'appartenance et le lien mènent à l'action, et donc au changement.

Chrispo, Marion et Romain vous propose chacun un retour complémentaire sur cet évènement, entre séminaire de formation des futurs gouverneurs et le sommet ayant eu lieu.

Deux jours pour apprendre à devenir gouverneur

Immersion au Governor Nominee Learning Seminar de Rotterdam – Marion LENNE - DGN

Rotterdam, 8 septembre 2026. La pluie tombait comme si elle voulait tester notre motivation… et elle a échoué. À 19h30, trempés mais ravis, nous nous sommes retrouvés au World Trade Center pour rejoindre en métro le traditionnel dîner des promos.

Au Boat Bar, amarré à Parkhaven, l’ambiance a vite réchauffé les esprits : premiers échanges, badges récupérés, et déjà ce sentiment si rotarien d’être « entre nous », même quand on ne se connaît pas.

Jour 1 : grève nationale, mais énergie maximale

Le lendemain, malgré une grève des transports qui aurait pu tout compliquer, la journée démarre à 8h30 pile. Gouverneurs élus et gouverneurs nommés réunis pour réfléchir au plan d’action du Rotary. Un débat a rapidement animé la salle : dans quel ordre penser notre action ? La proposition « Adaptation – Implication – Portée – Impact » a fait consensus. Plus logique, plus fluide, plus proche de la réalité du terrain.

Entre membres de la promo, nous avons ensuite plongé dans un sujet essentiel : la posture du dirigeant. Avant les outils, avant les organigrammes, avant les équipes… qui sommes-nous en tant que leaders ? L’idée d’appels à candidature pour constituer nos équipes a émergé, signe d’une volonté d’ouverture et de transparence. Puis une question a enflammé les discussions : Si Paul Harris créait le Rotary aujourd’hui, à quoi ressemblerait-il ? Une manière stimulante de revisiter nos fondamentaux.

L’après-midi a été consacré à trois piliers : effectif, image publique, Fondation. Les coordinateurs régionaux ont apporté leur expertise, avant une séance commune sur la gestion du district : finances, continuité, médiation… le cœur opérationnel de nos responsabilités futures. La journée s’est terminée en beauté à l’hôtel de ville, en présence du président international, suivie d’un nouveau dîner inter-promo. L’esprit rotarien dans toute sa splendeur : sérieux, convivialité, et beaucoup de rires.

Jour 2 : communication, croissance et… découvertes inattendues

La matinée du deuxième jour a débuté par une séance commune sur la communication et l’effectif. Deux sujets qui, au fond, n’en font qu’un : bien communiquer, c’est déjà attirer.

Par promo, nous avons ensuite exploré l’organisation des formations, dont certaines que certains découvraient pour la première fois :

  • Séminaire de gestion des subventions,

  • Collaboration avec la région 14 (Zurich),

  • Travail avec les jeunes décideurs.

L’après-midi a mis en lumière les difficultés que peut traverser un district et la manière de passer du plan à l’action. La séance finale a permis à chacun de s’exprimer librement : omniprésence de la région 14, manque de séances communes par rapport à l’an dernier… les retours ont été francs, constructifs, et très appréciés.

Puis vint le moment des diplômes, l’élection de l’animateur de promo, et bien sûr… un dernier dîner de promo. Parce qu’au Rotary, on termine toujours en célébrant ensemble.

Une formation, oui… mais surtout une rencontre

Ce séminaire a été marqué par un besoin profond d’échanges, de partages d’expériences, de discussions authentiques. Les coordinateurs l’ont bien compris : ils ont laissé la pratique, les témoignages et les questions réelles prendre le dessus sur la théorie. Et c’est sans doute ce qui fait la force de la culture rotarienne : on apprend autant des contenus que des personnes.

Deux jours intenses, riches, parfois remuants, souvent inspirants. Deux jours qui rappellent que devenir gouverneur, ce n’est pas seulement maîtriser des outils : c’est comprendre une communauté, une histoire, une énergie collective. Et surtout, c’est se préparer à servir… ensemble.

Bilan de ces deux journées de séminaire

Synthèse des moments marquants – Chrispo Biyiha - DGE

Ce qui m’a particulièrement marqué :

  1. La qualité des échanges interpromotions de gouverneurs élus et nommés; ainsi à chaque problème soulevé on apportait une solution 
  2. Les formations organisées par la région et les formateurs 
  3. La disponibilité des plus hautes instances du Rotary et notamment de Yinka 
  4. La volonté unanime de relancer le Rotary : le souffle est là par le biais d’une instance France qui centraliserait la communication 
  5. Notre district était fortement représenté avec Marion et Romain

Appartenir au Rotary, ce n'est pas seulement le rejoindre

Mise en lumière des voix de la nouvelle génération – Romain CHAMBELLON - Responsable Nouvelles Générations

Le thème de ce sommet européen d'action, "To Belong", l'appartenance, a traversé toutes les interventions de ces deux jours.

Parmi elles, deux voix m'ont particulièrement marqué, sans doute parce qu'elles touchent directement à ce qui anime ma mission au sein du district : construire des ponts entre les générations.

La première est venue de Dharini Vedarattiname, entrée dans la famille Rotary il y a quinze ans par le Rotaract.

Elle a posé une question qui a changé ma façon de voir les choses : on se demande trop souvent "comment attirer les jeunes dans le Rotary", alors que la vraie question serait plutôt "comment permettre à chaque génération de façonner l'avenir du Rotary".

Sa conviction, appuyée par plusieurs projets Rotary/Rotaract réussis à travers le monde : ça ne commence jamais par une invitation à rejoindre, mais par une action à mener ensemble. L'appartenance vient après, comme une conséquence naturelle, elle ne se construit pas en visant d'abord le recrutement.

Elle résume ça en une formule simple :

  • l'action crée des relations,
  • les relations créent l'appartenance,
  • l'appartenance crée l'adhésion.

La deuxième voix, plus bouleversante, était celle de Bana Alabed, jeune syrienne âgée de 16 ans, originaire d'Alep, lauréate du prix international de la paix des enfants 2025, présentée par l'association KidsRights.

Enfant, elle a fait entendre sa voix sur les réseaux sociaux pour raconter la guerre, et son message a fini par toucher plus d'1,5 milliard de personnes. Sa mère avait construit une école clandestine en pensant que la guerre ne devait pas décider de leur avenir.

Aujourd'hui, elle soutient la reconstruction d'écoles en Syrie et refuse qu'on la réduise au statut de victime : elle se définit comme une jeune militante qui transforme son expérience en pouvoir et en responsabilité.

Face à un enfant ayant survécu à la guerre, dit Bana, il faut arrêter de se demander "que lui est-il arrivé ?" et se demander plutôt "que pouvons-nous faire maintenant ?" : aider à reconstruire une école, aider un enfant déplacé à retrouver un sentiment d'appartenance, l'aider à guérir, faire entendre sa voix à ceux qui ont le pouvoir d'agir.
 

Marc Dullaert, fondateur de KidsRights, a rappelé un chiffre qui donne le vertige : 42% de la population mondiale a moins de 25 ans, près de 3,4 milliards de personnes, soit près de la moitié de l'humanité, mais cette tranche d'âge n'a presque aucune influence sur les politiques qui la concernent pourtant directement. Et pourtant, malgré ce sentiment de désespoir face à la direction du monde, la majorité de ces jeunes reste active et engagée : plantation d'arbres, solidarité communautaire, soutien à l'éducation des pairs en situation de pauvreté.

Ce chiffre résonne avec ce que je disais déjà en avril, à la conférence de district (lien du discours : https://www.rotary1780.org/n-92a7-442e) : cette nouvelle génération a compris, mieux que quiconque, les enjeux du monde qui sera le sien. Elle agit déjà.

À ces voix s'ajoute celle de Olayinka Babalola, président du Rotary International, qui a rappelé ce que peut changer une porte ouverte, ou fermée, à travers sa propre histoire : ancien rotaractien, il s'est vu refuser l'entrée d'un club par un président qui lui reprochait de venir sans invitation.
Sa réponse : "Un enfant a-t-il besoin d'une invitation pour entrer chez ses parents ?"

Un autre Rotarien présent s'est alors porté garant de lui, et sans ce geste, dit-il, il ne serait jamais devenu Rotarien, ni président.

Il en tire un constat : certains clubs restent derrière des portes closes, et les jeunes, comme les profils différents, ne s'y sentent pas toujours à leur place. On perd ainsi des membres potentiels avant même qu'ils aient commencé.

Or le Rotary va bientôt fêter ses 125 ans, et son souhait est qu'il soit encore là dans 125 ans, ce qui suppose assez de nouveaux membres pour que les clubs et les districts durent. D'où son appel, en clôture du sommet : écouter les jeunes plutôt que de leur expliquer comment ça marchait avant.

À nous d'amplifier l'énergie de cette génération, pour qu'elle ait un véritable impact durable sur ce futur.