
par John Rezek - The Rotarian juillet 2011
Pour Kalyan Banerjee, diriger le Rotary est tout autant un engagement qu’une
responsabilité.
Certains jours, au 18 ème étage du siège du Rotary,
on peut observer Kalyan Banerjee penché studieusement sur des feuillets éparpillés
devant lui, dans son bureau aux larges baies vitrées offrant une vue
panoramique de Chicago : l’attitude d’un homme concentré sur
sa tâche.
Kalyan Banerjee se consacre au Rotary depuis 1972, date à laquelle
il rejoint le tout nouveau club de Vapi en Inde. À la même époque,
le jeune ingénieur chimiste lançait une petite entreprise de
production de phosphore rouge, un élément contenu dans de nombreux
engrais. Sous sa direction, United Phosphorous Limited est ainsi devenu le
plus gros fabricant de produits agrochimiques en Inde. Et Vapi, autrefois
village endormi, s’est développé, avec le concours des
Rotary clubs locaux, en un centre industriel important de l’État
du Gujarat.
Au cours de sa carrière au Rotary, Kalyan Banerjee occupe les fonctions de gouverneur, de représentant du président, de membre et de président de commission et de task force, de membre du conseil d’administration de la Fondation, et d’administrateur du R.I. Il a également siégé à la commission PolioPlus internationale, à la tête d’initiatives qui ont stimulé les efforts d’éradication de la polio en Inde.
Aujourd’hui, et il en reste d’ailleurs presqu’étonné lui-même, Kalyan Banerjee devient le 101 ème président de l’organisation et le troisième Indien à occuper ce poste.
À côté de lui, sur son bureau, on peut voir The Fate
of Africa , le livre de Martin Meredith. La lecture est en effet une de ses
passions et au cours de l’année qui vient de s’achever
il a pu s’y adonner durant ses nombreux voyages autour du monde alors
qu’il se préparait à succéder à Ray Klinginsmith.
Kalyan Banerjee nous apprend qu’il ne se déplace jamais sans
au moins deux livres et ses deux magazines préférés
: Time , dont il a lu presque tous les numéros depuis 1961, et The
Economist . « J’apprécie particulièrement les histoires
de réussites personnelles qui permettent de propulser un pays vers
les sommets, » dit-il. De fait, la biographie de Nelson Mandela dépasse
de sa serviette.
Kalyan Banerjee semble plus décontracté aujourd’hui, peut-être à cause de la présence à ses côtés de son épouse, Binota. Ensemble, ils nous font part de ce qu’est pour eux une journée ordinaire.
Au cours de l’année écoulée, ils estiment avoir passé la moitié de leur temps à Vapi, un tiers dans leur appartement de Bombay proche du siège de United Phosphorous , et le reste à voyager et à s’occuper du Rotary.
Peu importe où ils se trouvent, Kalyan Banerjee se lève vers 5 h 30 et débute sa journée par 30 à 45 minutes de yoga – ce qui n’est pas étonnant pour quelqu’un qui a choisi Puisez en vous pour embrasser l’humanité comme thème du Rotary – puis soit il sort faire un peu de marche, soit il se rend au club de fitness de son entreprise à cinq minutes de chez lui.
Binota Banerjee raconte « [qu’]à Vapi, chez nous, on fait table ouverte. Chacun peut aller et venir. Pour le petit-déjeuner, je ne mets pas la table pour deux mais pour six, car ceux qui veulent rencontrer Kalyan profitent de ce moment propice de la journée. Pour le dîner, c’est la même chose. Je dresse deux couverts supplémentaires et parfois cela ne suffit pas. » Elle ajoute, et son mari en convient volontiers, qu’il oublie fréquemment qui il a invité. C’est une habitude qu’elle n’a pas de peine à lui pardonner car « il est très facile de faire un peu plus de chapati » - un pain traditionnel, élément de base de leur alimentation quotidienne.
Kalyan Banerjee ajoute enfin que le défilé des visiteurs ne
cesse généralement pas après le dîner et peut
se prolonger jusque tard dans la soirée. « C’est particulièrement
vrai maintenant que nous sommes plus souvent absents, dit-il. Les gens viennent
nous faire part de leurs idées, de leurs problèmes ou de leurs
projets. Nous menons de nombreuses actions rotariennes de front - des écoles,
des universités, des hôpitaux - alors il y a toujours des problèmes
qui se présentent, qu’ils soient entre enseignants et élèves,
ou liés aux bâtiments. Nos journées sont bien chargées. »
Lorsque c’est possible, il apprécie également une petite
sieste réparatrice, suivie d’une tasse de thé. « J’aime
bien travailler la nuit. C’est là que je suis le plus performant
car tout est calme et semble plus facile quand je suis seul. » Mais
les occasions de travailler tard la nuit ne sont pas légion dans leur
maison de Vapi. Depuis que leurs enfants sont partis, ils disposent de cinq
chambres et il n’est pas rare que certains invités passent la
nuit et se retrouvent autour de la table le lendemain matin.
Leur fils vit désormais en Australie, leur fille au Canada, et ils ont chacun deux enfants qui rendent visite à leurs grands-parents au moins deux fois par an malgré la distance. Ancienne infirmière et travailleuse sociale, Binota Banerjee se rappelle avec malice de la naissance du deuxième de ses petits-enfants à Toronto. Elle emmenait sa fille à l’hôpital vers une heure du matin, certaine qu’elle était sur le point d’accoucher. L’infirmière de garde, convaincue du contraire, leur suggère de rentrer. À peine avait-elle quitté la pièce que le travail commençait. « Ma fille accouchait une demi-heure plus tard, dit-elle en riant. Je me connais bien et je connais les miens. »
Pour elle et son mari, le Rotary fait désormais partie intégrante de leur famille.
« Les Rotariens sont ceux avec qui nous nous entendons le mieux, dit Kalyan Banerjee. Au fil du temps, le Rotary a constamment pris de l’importance dans notre vie. »
Bien qu’il soit Rotarien depuis près de 40 ans, Kalyan Banerjee
affirme avoir beaucoup appris sur l’organisation cette année. « J’ai
découvert un système bien organisé et très performant,
dit-il. Il ne tient qu’à moi d’en tirer le maximum au
profit de l’organisation. Un club est aussi bon que son président
peut l’être. Un bon président fait en effet un bon club
et un président indifférent fait un club indifférent.
C’est pourquoi, en tant que président, ma tâche sera d’aider
les dirigeants. Je dois les inspirer, les motiver et les aider à travailler
pour le Rotary. »
Kalyan Banerjee est également impatient de travailler avec John Hewko,
le nouveau secrétaire général du Rotary. « Il
possède une forte expérience des grandes entreprises et organisations,
ainsi qu’une grande habitude des environnements internationaux – différents
pays, cultures, systèmes et méthodes-, dit-il. Le Rotary a
aujourd’hui besoin de sa connaissance aigue du secteur privé pour
gagner en efficacité. En même temps, le Rotary est une organisation
de service et de camaraderie, une dimension que nous ne voulons pas perdre.
Rapprocher ces différents éléments va être un
défi très intéressant. »
Pour lui, le principal défi auquel il doit faire face en tant que président du Rotary International est de « diriger ses pairs. » Et quand il parle de ses pairs, il s’agit « de ceux qui sont meilleurs que vous, ou plus capables, dans certains domaines. On peut arriver à une réunion rotarienne pétri de certitudes, mais lorsque vous vous retrouvez autour de la table et écoutez les opinions des uns et des autres, vous réalisez qu’elles sont tout autant valides, importantes et pertinentes – au point de parfois vous faire changer d’avis. Il s’agit d’une véritable leçon d’humilité, d’autant plus si l’on considère le formidable respect avec lequel vous êtes traité. »
Pour lui, les membres de l’organisation sont d’un tel calibre qu’il est superflu d‘imposer quoi que ce soit. « Il s’agit plutôt d’être capable de donner une direction. »
Quelle que soit la situation, il est toutefois clair que, compte tenu de son parcours et de son expérience, Kalyan Banerjee possède une parfaite connaissance du Rotary. Comme il l’a dit lors de son discours d’acceptation à la convention du R.I. à Montréal, « d’une certaine façon, certaines régions de l’Inde sont toujours en voie de développement, et cela me donne peut-être une perspective différente de l’action rotarienne. J’ai vu l’impact de nos actions les plus simples. J’ai été le témoin de notre travail en matière d’alphabétisation, de santé, d’eau potable et de lutte contre la faim, et j’ai vu la différence que cela faisait dans chaque village, dans chaque famille et pour chaque personne. »
– John Rezek

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